Témoignage

Lucille, gazonnière : l’audace d’entreprendre dans un métier encore trop stéréotypé

Lucille - Gazonière, cheffe d'entreprise

Lucille, gazonnière 94

Lucille, gazonnière, exerce un métier encore trop souvent perçu comme masculin et empreint de préjugés. Mais elle n’a pas eu peur de se lancer et de créer sa propre entreprise, portée par sa détermination et son amour du terrain.

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Transcription vidéo

Je m’appelle Lucille, je suis gazonnière. Je travaille dans les cimetières depuis 1 an et demi maintenant. Avant, j’étais éducatrice spécialisée. Je travaillais dans le domaine du social pendant 15 ans. 

J’ai opté pour le funéraire parce que c’est un métier qui a du sens. J’ai toujours en fil rouge l’accompagnement des personnes et puis on travaille au grand air. J’ai le contact avec les familles, avec les autres professionnels du funéraire. J’ai cette préservation du travail d’artisanat qui a été fait avant moi. Le lien avec la nature, les animaux. Enfin, vraiment je me sens à ma place et alignée avec mes valeurs.

J’ai choisi un métier artisanal parce que depuis toute petite, j’aime les activités manuelles, artistiques. J’ai eu la chance que mes parents m’emmènent aussi visiter des musées, des châteaux et depuis toute petite, j’aime le travail des artisans, que ce soit les tailleurs de pierres, les graveurs, les couturières, enfin tous ces métiers divers.

L’artisanat, ça a aussi ce petit côté magique de créer quelque chose de ses mains, de voir quelque chose se construire. Et puis c’est quand même un domaine où, quand on transmet ce qu’on sait, on ne s’appauvrit pas en fait, et on enrichit la personne à qui on transmet, à qui on enseigne et ça j’adore.

Être femme chef d’entreprise, je pense que c’est relever une dose de défis supplémentaires quand même. Surtout quand, comme moi, on arrive dans un milieu qui est assez masculin et réputé machiste. Je pense qu’on peut quand même être douce et ambitieuse. L’un n’empêche pas l’autre. Et je suis aussi mère de famille, donc c’est double dose de défi au quotidien pour exercer un métier dehors assez physique.

Ce que je donnerais en conseil pour les femmes qui veulent se lancer, c’est : « N’attendez pas qu’on vous donne l’autorisation de le faire. Prenez votre place, entourez-vous bien, formez-vous, apprenez. Ratez, ce n’est pas grave. » Et la confiance, elle vient après l’action souvent. Sentez-vous légitime et vous le ferez bien, en fait.