Accompagnement

Table ronde : La procédure collective dans les Hauts-de-Seine

Vendredi dernier, une table ronde organisée autour du thème « La procédure collective : protéger ses intérêts face aux difficultés d’une entreprise » a réuni des professionnels du droit et de l’accompagnement des entreprises afin d’éclairer les dirigeants, créanciers et repreneurs sur les mécanismes juridiques existants en cas de difficultés économiques.

Table-ronde 92 (mars 2026) 1

Cette rencontre a permis de rappeler que les difficultés rencontrées par les entreprises peuvent avoir des origines variées : 

  • impayés clients
  • contentieux prud’homaux
  • conflits entre associés
  • perte de partenaires stratégiques
  • baisse d’activité dans certains secteurs

Dans ce contexte, le recours aux procédures collectives constitue un levier essentiel pour anticiper, encadrer et traiter ces situations.

Table-ronde 92 (mars 2026) 3

Conditions d’ouverture des procédures collectives

L’ouverture d’une procédure collective repose sur deux critères principaux : 

  • l’état de cessation des paiements, caractérisé par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible
  • les perspectives de redressement de l’entreprise. 

Trois procédures principales structurent ce dispositif. La procédure de sauvegarde s’adresse aux entreprises qui rencontrent des difficultés qu’elles ne peuvent surmonter seules, sans être encore en cessation des paiements. Le redressement judiciaire concerne les entreprises déjà en cessation des paiements mais dont l’activité peut être poursuivie. Enfin, la liquidation judiciaire s’impose lorsque le redressement est manifestement impossible.

Effets juridiques des procédures de sauvegarde et de redressement

Ces procédures produisent des effets juridiques significatifs. En cas de sauvegarde ou de redressement judiciaire, elles permettent notamment la suspension des poursuites individuelles, le gel des dettes, l’arrêt du cours des intérêts et la mise en place d’un plan d’apurement pouvant s’étendre jusqu’à dix ans. Elles offrent également des possibilités d’adaptation des contrats en cours.

Table-ronde 92 (mars 2026) 2

Conséquences de la liquidation judiciaire et rétablissement professionnel

À l’inverse, la liquidation judiciaire entraîne en principe l’arrêt de l’activité, la vente des actifs et le dessaisissement du dirigeant. Un focus a également été consacré à la procédure de rétablissement professionnel, destinée aux entrepreneurs individuels répondant à certains critères, permettant un effacement des dettes sans liquidation dans un délai court.

Situation des créanciers et partenaires commerciaux

La situation des créanciers et des partenaires commerciaux a fait l’objet d’une attention particulière. L’ouverture d’une procédure collective encadre strictement leurs droits. Les poursuites individuelles sont suspendues, de même que certaines possibilités de résiliation des contrats en cours. En contrepartie, les créanciers doivent impérativement déclarer leur créance dans un délai de deux mois à compter de la publication du jugement d’ouverture. Le respect de ce formalisme est essentiel, sous peine de rejet de la créance. Des mécanismes spécifiques, tels que la compensation ou le traitement des créances postérieures, peuvent toutefois s’appliquer dans certains cas.

Reprise d’entreprises en difficulté : la procédure « à la barre »

La table ronde a également abordé la question de la reprise d’entreprises en difficulté. La reprise « à la barre » permet à un candidat de présenter une offre portant sur tout ou partie des actifs de l’entreprise, sans reprise du passif. Ce processus, encadré par le tribunal, se distingue par l’absence de négociation contractuelle classique et par des délais contraints.

Il peut constituer une opportunité de développement, notamment en raison de conditions financières attractives et de la possibilité de sélectionner les actifs repris. Toutefois, cette opération comporte des risques, parmi lesquels l’absence de garanties, la nécessité de prendre des décisions rapides sans audit complet, les difficultés de financement ou encore les enjeux sociaux liés à la situation de l’entreprise.

Table-ronde 92 (mars 2026) 4

En conclusion, les échanges ont souligné que le droit des entreprises en difficulté constitue un droit technique et dérogatoire, qui nécessite un accompagnement adapté. L’anticipation des difficultés, le recours précoce aux dispositifs existants et l’appui de professionnels qualifiés sont déterminants pour préserver les intérêts des différents acteurs et favoriser, lorsque cela est possible, la poursuite de l’activité ou la réussite d’un projet de reprise.

Un prochain rendez-vous sera proposé très prochainement. Afin de rester informé des prochaines tables rondes organisées par la CMA de Nanterre, nous vous invitons à suivre nos actualités sur les réseaux sociaux.